Charles Robinson
en résidence d'écriture en Mayenne en 2018


Présentation de l'auteur

Avant d’être auteur, Charles Robinson est lecteur à cheval sur quatre siècles, cinq continents et de nombreuses disciplines. Son premier roman, Génie du proxénétisme (Le seuil, 2008), obtient le Prix Sade et est adapté au théâtre. Dans les Cités et Fabrication de la guerre civile, romans publiés au Seuil en 2011 et 2016, se proposent en 1 300 pages et 100 personnages d’inventer une cité de banlieue, ses habitants, leurs imaginaires individuels et sociaux, leurs cohérences et leurs fractures. La littérature reste un puissant processus d’enquête et un testeur efficace. La littérature ne témoigne pas du monde, elle le refonde et le soumet à des hypothèses révélatrices. C’est cet axe qui continue de guider les travaux littéraires de Charles Robinson.

Littérature, toujours plus. Le livre le passionne. Pourtant, il cherche la possibilité pour le texte d’excéder la forme conclusive de la publication. C’est pourquoi il reprend depuis plusieurs années l'écriture dans des formes hors du livre. L’écriture fluide repart au travail. Ce peut être un enregistrement : Dans les Cités, devenu pièce sonore pour France Culture, ou Quand je pense à toi tu ris je ris aussi, texte devenu pièce sonore et reprise en dispositif d'installation. Dans les Cités et Fabrication de la guerre civile sont la matrice de lectures publiques régulières depuis 2011, créées avec bandes son électroniques et dispositifs vidéo.

L’écriture est une lave textuelle, potentielle et tourbillonnante. Devant elle, diverses formes se proposent, qu’elle vient tour à tour emplir : livre, livre-objet, live, pièce sonore, installation, e-book, etc. Chacune de ces fontes du texte éprouve les résistances et pertinences originelles, mais pousse le texte vers de nouveaux régimes.


Résidence

« Le cycle romanesque Dans les Cités, et ses multiples créations – pièce radiophonique, formes pour la scène, installation et lecture de dix heures durant la Nuit Blanche, création pour trois musiciens et deux lecteurs, index numérique – m’ont occupé et fait habiter un espace urbain, dense, minéral, durant presque sept années. Sans doute, tout mon corps réclamait des forêts, des prairies, de la marche, des cours d’eau. Les romans naissent sur des intuitions. Mon prochain livre devrait s’intituler : « L’amitié des dieux cochons ». Il s’agira d’un western, orchestrant une longue fuite dans les campagnes. Citadin, je sais que j’avais besoin de me dégourdir l’imaginaire et de gadouiller des phrases. Le programme de résidence est donc largement conçu sur un principe de visites, de balades et d’explorations – lesquelles seront d’ailleurs ouvertes à tous, sous forme d’ateliers et de rencontres. »


Bibliographie

 

  • Genie du proxénétisme
    Seuil, 2008
    Une chapelle voudrait que les seuls profits possibles soient connectés à l'innovation et aux nouvelles technologies. Un eldorado. Et autour, le désert. Celui qui n'a pas rejoint l'oasis tourne en rond et se couvre le visage de cendres. Nous ne le croyons pas. C'est un diagnostic paresseux. Nous, dirigeants d'une entreprise sexuelle, nous avons regardé les potentiels, c'est-à-dire de formidables bassins de main-d'œuvre non qualifiée. Et nous avons regardé les besoins, qui sont considérables pour les services à la personne. Donc nous disons : il y a un investissement à inventer. On ne convoite pas le gâteau du voisin en divisant les parts en plus petit, on apporte un nouveau gâteau sur la table, on demande qui en veut. Plus il y a de convives, plus il faut de gâteaux, telle est l'essence du capitalisme. Les premiers pas au demeurant ont été difficiles. Il a fallu nous battre. De la tête et des poings.
    Ce livre raconte l'aventure des hommes et des femmes qui osèrent se dresser contre les a priori et la sclérose. Une aventure collective. Notre aventure.

 

  • Dans les cités
    Seuil, 2011
    Les Pigeonniers, c'est comme Disneyland après la Bombe. Une cité HLM dans une ville nouvelle. 322 appartements promis à la destruction dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine.
    Un ethnologue est envoyé en mission dans le quartier. Il marche sur les traces de son adolescence amoureuse – elle s'appelait Bach Mai : Vietnamienne, surdouée, et un modèle d'intégration contrariée. L'ethnologue doit ramener de beaux et instructifs portraits qui aideront à caler les discours officiels quand les bulldozers débarqueront.
    Très vite, il se trouve plongé dans un puissant maelström de rencontres, où les grandes questions ne portent pas sur l'urbanisme, mais sont plutôt : L'adolescence est-elle une maladie honteuse ? Faut-il avoir peur du travail ? Comment sauver les arbres sinon par la lutte armée ? Qui réceptionnera la prochaine livraison de coco pour Mong Mong ? La minijupe en jean, too much avec les sandales bleues ? Où a fugué cette fois la fougueuse Bégum ? Les horoscopes disent-ils toujours la vérité ? Que s'est-il réellement passé dans le square, juste avant que la foule ne se mette à cogner ?

 

  • Fabrication de la guerre civile
    Seuil, 2016
    Ville nouvelle, banlieue parisienne : L'enfer est encore en travaux. Mais un jour, ici, il y aura le meilleur parc d'attractions du monde !
    Avec ses trois cent vingt-deux appartements, la Cité des Pigeonniers est un quartier bourré d'histoires de famille, d'amitiés et d'amours, de djobeurs exploités, de réussites qui font chaud au cœur, de colères ravageuses, de mômes qui dansent dans la lumière néon, de barbecues sur les toits des immeubles, de drames érotiques, de haines chaud bouillantes et de naufrages hallucinés. La Cité des Pigeonniers, c'est la vie en très fort.
    Ce sont aussi les amours contrariés de GTA et Bégum, et la brusque disparition de celle-ci, qui conduit GTA à enquêter sur ses traces. C'est un chassé croisé de seigneurs locaux, où les trafics, la boxe, la baise, l'argent sont des atouts et des pièges. C'est un prochain tournoi en Thaïlande et une flopée de nouveaux business astucieux. C'est Bambi devenu chasseur aux aguets. C'est la langue, fouettée et battue comme un tambour de guerre. C'est une odeur entêtante de brûlé, qui présage une rupture profonde des plaques sociales et une déflagration formidable. Wèèè ! Alors. La guerre civile, comment ça commence, en vrai ?

 



Charles Robinson dans la presse mayennaise


Courrier de la Mayenne du 01/02/2018


 

Ouest France - 24 mars 2018




Ouest France - 08 février 2018